Mercredi 2 novembre 2011
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14:04
Bon, vous l'avez compris, le mercredi : c'est toujours un nouvel épisode !
Épisode 4 : Pas de quartier !
Futur H+4
Les yeux blancs du vieillard continuaient de me fixer,
étrangement, même si je ne comprenais pas vraiment comment cela pouvait être possible. Le fait était là, mon lycée se trouvait en ruine et le vieux prêtre semblait perdre la raison autant que sa
vue ! Il continua son charabia sur l'apocalypse.
-
Tu vas devoir te repentir mécréant ! Car le ciel s'est fendu et l'élévation va commencer ! Le Seigneur, notre Dieu, revient parmi
les siens pour emmener les braves loin des fléaux du mal et va se préparer à combattre les forces de l'Antéchrist sur la Terre !
Je compris que je ne pourrais rien en tirer de plus,
le vieux avait perdu la raison et continuait à marmonner tout seul des prières repentantes. Il psalmodiait de plus en plus vite et reprit sa route à la recherche de nouvelles personnes à qui
transmettre sa litanie. Quelques secondes plus tard, il disparaissait derrière un pan de mur tombé et je me retrouvais de nouveau seul.
Je prenais la chose plutôt bien pour le moment.
Effectivement, je me trouvais seul dans un lycée d'apparence désertique et ravagé. Soit. Mais j'étais encore vivant et j'avais toujours ma montre temporelle. Après tout, mon antenne relais
continuait d'émettre dans les couches du temps, je pouvais alors me permettre de repartir quatre heures en arrière sans dommage. Et prévenir Julien que la machine était effectivement
opérationnelle.
Julien ! Voilà pourquoi il ne m'avait pas attendu !
Avec tout ce bazar, pas étonnant qu'il se soit cassé pour se mettre à l'abri. Mais une pensée vint se loger : avait-il vraiment eu le temps de se mettre à l'abri ? Il n'y avait personne ici à
part un vieux fou pour témoigner d'une quelconque survie des occupants du lycée. Et Charlotte d'ailleurs ! Non, pas possible ! Il devait y avoir une réponse logique à tout ça. Et puis, il n'y
avait aucun corps au sol de toute façon. Non, les gens s'étaient sans doute mis à l'abri. Il fallait que je les trouve.
Je me mis à marcher dans les couloirs vides, du moins
ce qu'il en restait, à la recherche d'indices compréhensibles. Plus j'avançais et plus la situation me semblait improbable, l'absence totale de vie n'était vraiment pas normale. Je veux dire, il
n'y avait même pas un cadavre coincé sous un effondrement. Oui bon, c'était horrible de penser à ça. Mais bon, dans chaque mauvais film de genre, il y avait toujours des victimes dans ce genre de
situation non ? Mais là, c'était comme si le lycée avait été ... Nettoyé ? On avait fait disparaître tout ce qui était compromettant ! Qui pouvait faire ce genre de chose ? Qui avait intérêt à
étouffer une histoire pareille ?
L'armée.
Non. Improbable... On peut pas occulter quelque chose
comme ça. On fait pas disparaître tout un lycée ? Que vont dire les parents ? Que vont dire les gens de la petite ville ? Non, ça ne pouvait pas être ça. Mais l'angoisse inextricable monta dans
la gorge, se déversa au travers de mes synapses et brûla mes terminaisons nerveuses. Pendant une fraction de seconde, j'hésitais à repartir directement à mon époque. Ca réglerait le problème
facilement. Et je n'aurais pas de soucis à me faire. Rien de tout ça n'existerait.
Non, c'était une erreur. Si j'étais en vie, c'est
parce que j'avais voyagé dans le temps et évité cet événement. Mon existence actuelle ne tenait qu'à une montre si l'on poussait la situation à l'extrême. Il fallait que je découvre ce qui
s'était passé pour pouvoir l'éviter. Je pouvais pas retourner à mon époque et attendre cette catastrophe en toute conscience. Il fallait que je comprenne. Absolument ! La montre était là pour ce
genre de chose, pour assurer mon avenir. Enfin, l'avenir.
Je me remis en marche et pris la direction des portes
d'entrées. J'escaladais un mur et m'avançai vers les grandes grilles. Un rugissement se fit entendre au dessus de ma tête, je levai les yeux vers le ciel et vis un chasseur survoler le lycée et
disparaître au loin. Oui, plus aucun doute. L'armée était bel et là... Et ce n'était pas spécialement un bon point pour moi, ni pour personne d'ailleurs...
J'avançai à présent caché, du moins dans la mesure du
possible. Je m'aidai pour cela des décombres environnantes et je pus me frayer un chemin vers l'entrée. A dix mètres, je me cachais dans un léger renfoncement pour pouvoir faire l'état des lieux.
Deux militaires lourdement armés faisaient reculer gentiment un homme et une femme. L'homme tentait vainement de filmer.
Le second militaire, jusque là muet, sortit un colt et
tira dans la caméra. Lucille hurla, Christian laissa tomba son matériel et les deux militaires eurent un rire convenu.
Le militaire releva son colt et le posa sur le front
de la femme. Elle blêmit mais continua de soutenir le regard. Le militaire arma le chien et le doigt se positionna sur la gâchette. Christian devint implorant. La fille ne bougea pas, le
militaire tira. La cervelle vola en éclat et macula de sang les trois autres personnages. Christian prit peur et se mit à courir le plus loin possible du lycée. La première balle toucha son dos,
la seconde se logea dans sa tête pour en ressortir aussitôt. Il tomba à terre, foudroyé. Le dégoût me monta immédiatement à l'estomac. Je me levai pour vomir.
Bruyamment.
Bien trop bruyamment...